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 Défense française : nos guerriers sont privés d’armement

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René de la 65/1A

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MessageSujet: Défense française : nos guerriers sont privés d’armement   Dim 20 Oct - 15:27

Bonjour à tous, bonne lecture et bonnes réflextions


Défense française : nos guerriers sont privés d’armement


Alors que la France manifeste une vocation de gendarme du monde, Yvan Stefanovitch a mené un minutieux travail d’inventaire de nos forces armées. Extrait de « Défense française. Le devoir d’inventaire »

Pour camoufler les sureffectifs de l’armée de Terre liés au manque dramatique de crédits pour entretenir le matériel, le haut commandement a mis sur pied un grand chantier : « l’optimisation du soutien et de la disponibilité opérationnelle » des engins. Le général Jean-Tristan Verna, directeur de la DCMAT (Direction centrale du matériel de l’armée de Terre), a dévoilé ce projet, le 17 mai 2006, devant la commission Défense de l’Assemblée nationale : « Après la professionnalisation, le grand chantier de l’armée de Terre pour les années qui viennent pourrait être la refonte complète, non pas de son système de maintenance, déjà fortement optimisé, mais de l’utilisation de ses matériels. Or, alors que nous sommes une armée dans laquelle les liens « un homme-un fusil », « un équipage-un char », « une équipe de pièce-un canon » sont très fortement ancrés, on se rend bien compte qu’il va falloir distinguer entre les parcs dont on dispose, ceux qu’on utilise et les hommes qui servent alternativement plusieurs parcs, voire qui partent en opération sans parc. »

(…)Problème principal que rencontre la mise en place de cette politique de gestion du parc de matériel roulant : les équipages n’ont plus de « lien affectif » avec leur engin. Ils conduisent désormais un « blindé du pool », et pas « le blindé de l’équipage ». Un peu comme la voiture de location, dont l’usure est beaucoup plus forte, car les multiples conducteurs s’en moquent comme de leur première chemise. Ce n’est pas la leur… Aussi, depuis la mise en place du parc de gestion des véhicules de l’armée de Terre en 2009-2010, tous les blindés, jeeps et camions s’usent trois à quatre fois plus vite sur les théâtres d’opération et à l’entraînement. Qu’ils soient entretenus par les régiments de soutien ou par des sociétés privés ne change rien à l’affaire. Résultat : un manque chronique de pièces de rechanges (le stock étant calculé au plus juste pour des raisons d’économies), une rupture fréquente de la chaîne d’approvisionnement et un vieillissement accéléré des véhicules. « Aujourd’hui, si un embrayage pète, le camion est immobilisé pendant six mois d’affilée », soupire un lieutenant. Les seuls à échapper théoriquement à ces « mauvais traitements » restent les 254 chars Leclerc encore en activité, mais qui ne sortent que très rarement de leurs garages.

En réalité, leurs 200 millions d’euros par an de frais de maintenance permettent tout juste d’en faire défiler une dizaine, chaque 14 juillet, sur les Champs-Élysées…

De quoi scandaliser nos forces spéciales
Le manque de disponibilité du matériel frappe non seulement les unités dans l’Hexagone mais aussi celles parties en Opex. Seule différence : la vie de nos soldats est en jeu en Afghanistan, Libye ou au Mali. Pour faire du renseignement et de la reconnaissance armée, action aussi importante sinon plus que le pilonnage de l’adversaire, les forces françaises disposent surtout d’hélicoptères Gazelle. En fait, l’armée de Terre préfère se reposer en opération sur son vivier d’une centaine de Gazelle, malgré leurs presque quarante ans d’âge, plutôt que d’employer ses Tigre beaucoup trop chers en coût de maintenance(…)

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René de la 65/1A

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MessageSujet: Re: Défense française : nos guerriers sont privés d’armement   Ven 15 Nov - 22:15

Bonsoir à tous, bonne lecture et bon Week-end à tous....
L'armée démantelée par les politiques : militaires, nous ne sommes pas des "idiots utiles"
Par Jean-Claude Thomann
Général
LE PLUS. Les militaires français sont tenus au devoir de réserve. Ils sont pourtant plusieurs à faire savoir, depuis quelques semaines, que la loi de programmation militaire 2014-2019 est une catastrophe pour l'armée. Le général Jean-Claude Thomann, ancien commandant de la Force d'action terrestre, explique pourquoi dans cette tribune rédigée au nom des Sentinelles de l'Agora, club de réflexion regroupant des officiers supérieurs et généraux.
Cercle de réflexion sur les problématiques de défense, le Club des Sentinelles de l'Agora a diffusé récemment un manifeste pour la sauvegarde de l'armée française. Cette armée est en effet en cours de démantèlement après avoir subi, depuis la chute du mur de Berlin, des attritions successives de format et de moyens telles que sa capacité à intervenir est désormais en question.

Alors qu'en 2012, un rapport du Sénat mettait en exergue "la juste insuffisance" de nos forces, il est probable que la loi de programmation militaire 2014-2019 conduise à l'impuissance définitive de ces forces à remplir les missions qu'elles sont censées exécuter à l'avenir.

L'Europe de la paix ne signifie pas la disparition des armées

Considérer que la réduction drastique de nos capacités d'emploi de la force armée conventionnelle est une tendance logique dans une Europe en paix pourrait être un contre-sens mortel pour le futur dans la mesure où, partout hors d'Europe, on réarme.

Dans le contexte de la mondialisation, la bataille pour l'accès aux ressources indispensables à la vie et au fonctionnement de sociétés évoluées ne fait que commencer, alors que par ailleurs l'Histoire nous apprend que la rareté des ressources et les changements d'équilibres démographiques se traduisent toujours par des affrontements sanglants.

Si la dissuasion nucléaire, seul domaine où ne nous baissons pas la garde, conserve sa valeur de garantie ultime, elle perd toute crédibilité dès lors qu'elle n'est pas couplée à des forces conventionnelles suffisantes pour graduer d'éventuelles escalades entre adversaires et légitimer sa menace d'emploi. Le tout ou rien nucléaire est un non-sens. Or nous y allons en réduisant sans cesse le choix des options conventionnelles disponibles.

Le risque de "surprise stratégique" n'est pas négligeable

Les risques de désagréable "surprise stratégique" ne sont pas négligeables : qui avait prévu les révolutions arabes, l'émergence d'un terrorisme mondialisé, ou encore le génocide du Rwanda ? Et venir en aide à des États légitimes menacés, protéger des populations victimes de "l'inhumanité", redonner la paix à des régions qui sont sorties de la normalité reste un devoir.

Il est aussi de notre intérêt premier de vivre, commercer, échanger, circuler, dans un monde aussi apaisé que possible et l'emploi de la force armée est malheureusement souvent la condition sine qua non pour lancer un processus de retour à la paix.

Se priver de cette capacité d'agir n'est pas rendre service à la cause de la paix dans un monde extrêmement instable et en cours de reconfiguration : c'est faillir à une responsabilité sans commune mesure avec des impératifs budgétaires conjoncturels, et raisonner à très courte vue, car reconstituer un outil militaire solide et performant est une œuvre de longue haleine.

Marre d'être des "idiots utiles"

Par ailleurs, la disparition progressive de l'institution militaire de notre paysage politique et sociétal pose de nombreuses et inquiétantes interrogations.

Liés par un devoir de réserve très extensif et bien commode, les militaires déplorent et pourraient un jour ne plus supporter d’être des "idiots utiles" pour la majorité d'une classe politique qui se dispense allègrement de leurs avis, voire de leur savoir-faire, dans un domaine où pourtant leur expertise devrait retenir l'attention. Elle oublie ainsi que "les armées ont fait la France".

Alors que la crise du sens collectif subvertit la cohésion nationale, l'institution militaire fabrique du lien et l'indispensable mythe qui fonde une communauté nationale aujourd'hui soumise à de multiples forces centrifuges.

Investir dans l'institution militaire en privilégiant l'homme sur la course effrénée et intenable à la très haute technologie, c'est aussi investir dans la jeunesse, dans les territoires et dans la transmission du sens collectif. Nous prenons exactement le chemin inverse, par des décisions technocratiques et budgétaires qui ignorent délibérément les véritables enjeux de la Défense en profitant de la méconnaissance, génératrice d'indifférence, de nos concitoyens.




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